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19/06/2024

Il insulte aussi Rachida Dati, Jordan Bardella et Gérard Larcher

« Juif qui parle, bouche qui ment » : Louis-Joseph Pecher, le candidat antisémite de Ciotti et du RN

Par Arthur Weil-Rabaud

Candidat promu par Eric Ciotti et soutenu par le Rassemblement National en Meurthe-et-Moselle, Louis-Joseph Pecher a pourtant enchaîné les tweets antisémites, racistes, sexistes, homophobes ces derniers mois sur son compte X-Twitter. Révélations.

« Le RN est un parti dirigé par des médiocres et des rentiers qui ont renié tout ce qui avait présidé au FN. Du patriotisme couché à la Meloni. Un attrape-nigaud, un défouloir pour sèche-couillons », éructait Louis-Joseph Pecher sur X-Twitter le 2 mai dernier. Pourtant, à peine un mois et demi plus tard, voilà ce courtier en assurances candidat aux élections législatives dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle (54), investi par Eric Ciotti sous l’étiquette « ​​À Droite les amis d’Eric Ciotti » et soutenu… par le Rassemblement national, en vertu de l’accord passé par le chef en sursis des Républicains (1).

La diatribe n’est plus visible en ligne, et pour cause : le compte sur lequel elle a été publiée, @Elgie2108, a été entièrement effacé le 18 juin. Un compte dont le candidat a confirmé être le propriétaire au téléphone ce 19 juin à StreetPress. Louis-Joseph Pecher affirme l’avoir nettoyé car « c’était un compte sur lequel [il] pouvait exprimer certaines idées personnelles, pas forcément raccord avec les lignes officielles de la campagne même s’il n’y avait pas grand-chose à cacher ». StreetPress a pourtant eu accès à l’historique de ses tweets entre janvier et juin 2024 avant leur suppression. Nous y avons trouvé une flopée de tweets antisémites, racistes, homophobes, sexistes ou injurieux.

Insultes envers Rachida Dati, Jordan Bardella ou Gérard Larcher

Avec son compte sous pseudo, le candidat d’Eric Ciotti soutenu par le Rassemblement national s’est lâché et a étalé son antisémitisme à plusieurs reprises ces derniers mois. Le 28 mars dernier, à Jacques Attali qui parle de la France, il répond : popularisée notamment par , militante chez les catholiques intégristes Civitas, que Louis-Joseph Pecher a d’ailleurs repartagé sur son compte. Le même jour, il répond à un tweet de la porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot sur Eric Zemmour et affirme que . Quelques jours plus tard, le 9 avril, il répond à un tweet de Julien Dray sur les chiffres du Hamas en ces termes : «  disait Voltaire. Pourquoi tant d’antisémitisme et de haine dans les Lumières. » Une référence erronée, la citation provenant de la pièce Marie Tudor de Victor Hugo et du siècle suivant, qui n’enlève rien à l’antisémitisme virulent qu’elle supporte. Dans le même style, il a aussi affirmé que « l’islam stupide fait toujours le jeu des , des juifs et du Mossad » – les services secrets israéliens – et il a relayé .

Quand il ne propage pas les thèses complotistes de Zoé Sagan ou du « média alternatif » Verity France, Louis-Joseph Pecher verse aussi dans l’injure sexiste et homophobe. Le 7 mai, il se lâche : Des allusions homophobes directement adressées au ministre délégué chargé du Commerce extérieur Franck Riester. Quatre jours plus tard, le 11 juin, c’est au tour de la ministre de la Culture Rachida Dati d’être la cible de la prose, cette fois-ci sexiste, du candidat RN-Ciotti alors qu’elle communique sur les élections législatives à venir :

Ce ne sont pas les seuls propos pénalement répréhensibles de Louis-Joseph Pecher. . Le 13 juin dernier, il répond à ce cadre Les Républicains toujours sur X-Twitter :

Si sa haine vise principalement la majorité présidentielle et la gauche, il n’hésite pas à s’en prendre à son propre camp. En mars dernier, il a par exemple qualifié le président du Rassemblement national Jordan Bardella de et son parti de « parodie d’opposition », trois mois seulement avant de recevoir le soutien de ce même parti… Et comme si ça ne suffisait pas, il a également éructé le 1er mai dernier contre un supposé « afflux de migrants dégénérés et racistes » qui aurait lieu en France.

Il fait partie d’une dynastie d’extrême droite

Si Louis-Joseph Pecher était inconnu jusqu’à dimanche soir, c’est qu’il a pris le nom de sa femme il y a quelques années « pour des raisons sentimentales », explique-t-il . Un changement qui l’arrange bien, lui qui est l’un des rejetons des Gannat. Une grande famille, implantée à Angers et dont le nom est .

Son père, Pascal Gannat, est une ancienne figure du Front national, époque Jean-Marie Le Pen, dont il est un proche après avoir été son directeur de cabinet de 1988 à 1992. Il a également été membre du bureau politique du parti, puis la figure du Rassemblement national dans la région des Pays de la Loire. Parmi les frères et sœurs de Louis-Joseph, plusieurs sont liés à l’extrême droite la plus violente. Jean-Eudes d’abord. Le presque trentenaire est passé par le Front national et la société de communication Riwal, . C’est aussi , un local associatif et un groupuscule à la croisée des courants catholique-identitaire et néofasciste, . Depuis, Jean-Eudes Gannat, qui s’affiche comme l’un des « intellectuels » de la mouvance radicale d’extrême droite en France, a fondé et préside le Mouvement chouan. François-Aubert, l’un de ses autres jeunes frères, trempe lui aussi dans les sphères radicales. Après un passage chez Génération identitaire, il fait naturellement partie des troupes de l’Alvarium, aux côtés de Jean-Eudes. Mais contrairement à son frère, il est plus porté sur la bagarre que sur la théorie, en témoigne plusieurs condamnations pour des violences qui lui vaudront plusieurs mois derrière les barreaux. Enfin, l’une de ses sœurs, Marie-Menehould, , groupuscule fondé par un ancien… de l’Alvarium.

Contacté une nouvelle fois pour répondre de ses récents tweets et insultes, Louis-Joseph Pecher a indiqué qu’il ne « voyait pas » à quoi StreetPress faisait référence et qu’il « réfute ces propos », après avoir pourtant bien confirmé le jour-même que le compte X-Twitter en question était bien le sien. Sur un autre compte Twitter qui lui appartient via son mail, @louisjpalinacci, Louis-Joseph Pecher publiait cette fois le 6 décembre 2013 : « #Taubira #LaPesteCestEux #partisocialiste #FN #LePen . »

24/09/2024

« Parfois, je regrette d’avoir demandé justice »

Le combat judiciaire de quatre anciens scouts contre un policier accusé d'agressions sexuelles

Par Lina Rhrissi

Depuis 2009, l’ex-policier gradé Jean-Christophe M. est visé par quatre plaintes pour agression sexuelle. Il a été sanctionné par sa hiérarchie 15 jours avant sa retraite, en 2021. Son procès en appel s’est tenu le 23 septembre 2024, à Poitiers.

« Je veux dire aux parties civiles que je les crois, je les ai toujours cru. » L’émotion parcourt la salle d’audience à ces mots de la procureure de la cour d’appel de Poitiers (26), ce lundi 23 septembre 2024. Sur leur banc, les plaignants attendent cette reconnaissance depuis quinze ans. Daniel, Maxime et Julien ont porté plainte pour agression sexuelle contre leur ancien chef scout en 2009 puis en 2012. Devant une poignée de journalistes, dont ceux de Mediapart, l’avocat général a requis cinq ans de prison dont quatre avec sursis pour Jean-Christophe M. ainsi que son inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). La décision sera rendue le 6 novembre 2024.

À la barre, le policier à la retraite, épaules voûtées et veste un peu froissée, persiste pourtant : « Je suis désolée de cette proximité avec ces jeunes mais en aucun cas je n’ai commis les faits qui me sont reprochés. » L’ancien fonctionnaire de 60 ans a préféré gardé le silence à plusieurs reprises face aux questions des avocats des parties civiles. Il a dénoncé une « orchestration médiatique » et une « présomption de culpabilité ». Une maladresse a pourtant échappé à cet homme qu’un expert-psychiatre a décrit dans « l’hyper-contrôle » : « S’il s’est passé quelque chose, ça a complètement été intentionnel… Non-intentionnel. » Rires étouffés dans la salle.

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Les plaignants ont vu vieillir celui qu’ils accusent au fil des rendez-vous judiciaires. « J’aurais aimé qu’il puisse s’expliquer au lieu de se terrer dans le silence », a regretté l’aîné des deux frères, Julien, âgé de 42 ans. Son cadet de 38 ans Maxime a énoncé, la voix tremblante :

« C’était très long mais c’est aussi réparateur aujourd’hui de pouvoir dire les choses publiquement », a déclaré l’ingénieur Daniel, le premier à avoir porté plainte. , a estimé son avocat maître Chabert, « c’est une fonction régalienne, il y a probablement un esprit de corps ».

Agressions sexuelles entre 2006 et 2011

Dans cette affaire à rallonge, , quatre hommes accusent l’ancien commissaire d’agressions sexuelles commises entre 2006 et 2011 alors qu’ils avaient la vingtaine et lui une quarantaine d’années. Ils l’ont connu plus tôt, . Les plaignants dénoncent un mode opératoire commun : une période difficile pour la victime, une incitation à boire pendant un week-end ou des vacances, une proposition de dormir dans le même lit ou sous la même tente « à la scout », un réveil par des attouchements pendant la nuit, puis un agresseur qui fait mine de dormir. « Il a cherché mon pénis et l’a pincé avec deux de ses doigts.  », a déclaré Daniel dans son procès-verbal. L’homme aurait ensuite senti son sexe en érection contre son caleçon, au niveau de l’anus. Deux des victimes soupçonnent le policier de les avoir drogués. Lui conteste fermement les faits.

La procédure a connu moult épisodes. En 2019, une juge d’instruction a ordonné un non-lieu. En 2020, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers a au contraire réclamé la mise en examen du prévenu. . Il se présente désormais comme témoin. Deux ans plus tard, le tribunal correctionnel relaxe le policier, mais le parquet fait appel.

Une procédure qui traîne parce que policier ?

Retour en août 2009 : Daniel a 26 ans. Quand il s’échappe de la tente plantée dans les gorges du Verdon, à Moustiers-Sainte-Marie (04) – où il dit s’être fait agresser sexuellement par son mentor –, il se dépêche d’appeler sa sœur, qui est avec une amie, pour qu’elles viennent le chercher. « Je leur ai dit que j’avais l’impression qu’elles venaient de me sauver la vie », raconte-t-il à StreetPress. Six jours plus tard, arrivé chez lui, à Marseille (13) et après avoir fait un test toxicologique tardif, dont le résultat est négatif, il se rend au commissariat. Lorsque le jeune adulte décline la profession de l’homme qu’il accuse, . C’est l’échange que rapporte la journaliste de Mediapart Marine Turchi dans son ouvrage Faute de preuve (éd. Seuil, 2021), qui consacre un chapitre à l’affaire. Un autre agent aurait brandi le trombinoscope de sa promo à l’École nationale de police, désigné son agresseur présumé et aurait balancé :

La scène illustre le rôle que semble jouer la position du mis en cause, numéro deux de la police de la Vienne (86) jusqu’en 2020, tout au long de cette procédure.

Il a fallu attendre 2012 et une seconde plainte, celle de Nicolas, pour que la justice se mette en branle. À cette période, Julien et Daniel se confient l’un à l’autre, puis Maxime et Nicolas font de même. Les anciens louveteaux réalisent qu’ils ont vécu des épreuves similaires. Loin d’être maladroit, celui qu’ils pensaient être leur ami serait un prédateur. En 2006, après une rupture amoureuse, Maxime, 21 ans, a passé une soirée alcoolisée avec « JC », 42 ans, et a fini par rester dormir dans son appartement parisien. Vers deux heures du matin, ce dernier lui a « décalotté » le pénis, Maxime s’est senti « tétanisé ». Deux ans plus tard, en 2008, c’est son frère aîné Julien, en vacances avec le haut gradé en Crète, qui a été réveillé dans la chambre d’hôtel « par la main de Jean-Christophe M. qui se trouve dans [son] caleçon en train de [lui] décalotter le sexe ».

Malgré des faits inquiétants qui nécessiteraient de protéger de futures proies, le commandant n’est pas inquiété. . Quant à sa mise en examen, elle a lieu en… 2020. D’après Marine Turchi, qui s’est plongée dans le dossier judiciaire, la fonction de l’accusé est soulignée par le procureur dans différents courriers. D’autant que son parcours est exemplaire : .

Est-ce aussi grâce à sa fonction que l’agresseur présumé a plus d’informations sur la procédure en cours que ses victimes ? En mars 2016, les frangins sont convoqués par la juge en tant que témoins. Surprise ! Ils tombent nez à nez avec leur ancien chef scout. Le policier nie les faits. Il est venu avec son avocat et a eu accès au dossier. Pas eux. « On était comme deux perdreaux de l’année », lâche Maxime dans Faute de preuve. C’est à l’issue de cette audition que la juge leur propose de se constituer partie civile.

Autre privilège, en 2017, le commandant obtient que l’Inspection générale de la police nationale () de Bordeaux (33) soit chargée de l’enquête, « au regard de [sa] fonction » et « pour des raisons de confidentialité », en lieu et place de la police judiciaire d’Orléans (45). Résultat, de nombreux témoignages ont été recueillis dans l’entourage des victimes, beaucoup moins dans le sien, fait remarquer le quadra Julien. Par exemple, les collègues du haut gradé ne seront pas auditionnés. La même année, en novembre, Jean-Christophe M. est convoqué en vue de sa « mise en examen ». Il en ressort avec le statut de « témoin assisté », qui lui évite le contrôle judiciaire. Pratique. Son avocat l’avait demandé pour lui éviter un « trop fort impact de la procédure sur le plan personnel que professionnel ». .

Les journaux plutôt que la justice

Après le non-lieu de 2019, qui fait la part belle aux arguments du policier, assurant que ses gestes étaient « involontaires », les plaignants commencent à sacrément douter de la justice. Sur les réseaux sociaux et dans la presse, le mouvement #MeToo bat son plein. Les trois derniers combattants acceptent de parler à Mediapart, malgré leurs craintes. « On le fait parce qu’on redoute qu’il y ait d’autres victimes et ça nous est insupportable », explique Maxime. , tranche Daniel. Ils sont persuadés que sans médiatisation, leur dossier aurait été enterré.

Dans son enquête, le journal d’investigation révèle un nouvel événement qui renforce encore les doutes des plaignants sur l’influence de leur ancien chef scout. En 2015, un dîner composé d’une dizaine de convives a réuni le commandant Jean-Christophe M. et le procureur de la République de Poitiers. « Il y a souvent des suspicions de collusion entre la police et la justice dans ces affaires », analyse la journaliste Sophie Boutboul, autrice de l’enquête sur Jean-Christophe M. dans Mediapart et co-réalisatrice d’un . « À cela s’ajoute un biais que peuvent avoir certains policiers ou gendarmes dans les plaintes et auditions lors des enquêtes ou des juges : selon la loi, la parole écrite du policier fait foi jusqu’à preuve du contraire, mais cela ne devrait pas s’appliquer quand ils sont mis en cause pour violences sexistes et sexuelles. »

Pour couronner le tout, . En 2022, la juge a notamment justifié la relaxe en première instance par le manque de constance des confidences des plaignants à leurs amis, venus les soutenir au tribunal de Poitiers. « Dans une procédure qui a duré si longtemps, c’est très facile de ressortir une parole et de la rapprocher d’une autre qui, a des années d’écart, ne sera pas exactement pareille », s’agace Julien. À l’inverse, le temps long a bénéficié à l’ancien chef d’état-major. Il n’a été sanctionné que 15 jours avant son départ à la retraite, en 2021. Date à laquelle il a finalement perdu sa qualité d’officier de police judiciaire ().

Chouchou des médias locaux

De l’avis de tous, le gradé est charismatique. Cela a sans doute aidé ce fils de gendarme, catholique pratiquant, à devenir un personnage local. Et à tisser des liens avec les canards de sa région. Les quatre hommes ont été sous le choc en découvrant leur agresseur présumé répondre à des journalistes ou sur la stratégie de com’ de la police dans les journaux locaux.

Le sexagénaire célibataire et sans enfant a joué de son statut dès la fin des années 1990, à l’époque du scoutisme. À l’opposé des Scouts d’Europe, réputés plus « tradis », les Scouts et Guides de France ont une image ouverte : l’organisation est mixte et accueille des non-catholiques. (2) , abonde Daniel.

À Poitiers, la légende du chef-scout policier le précède. La plupart de ceux qui encadrent les plus jeunes ont entre 16 et 25 ans, mais lui est plus vieux et a plus d’autorité. . « On se faisait tourner des de reportages télé où JC coffraient des graffeurs », se remémore l’ingénieur agressé à l’âge adulte par celui qu’il a connu à 14 ans. « Un lien de subordination est resté parce qu’on l’a rencontré quand on était ados et qu’il y a une sorte de respect pour l’aîné et pour l’autorité », estime Maxime.

Vies gâchées et désillusions

Une emprise née quand ils étaient très jeunes et qui peut expliquer l’angoisse persistante des victimes. « C’est bouleversant de découvrir qu’on a été manipulé par un homme qu’on croyait être un ami », confie le cadet de la fratrie. . Mais ils reviennent régulièrement à Poitiers pour rendre visite à leurs proches, la boule au ventre à l’idée de le croiser.

À différents moments au cours de la procédure, les quatre Poitevins développent de l’anxiété, des troubles du sommeil ou des épisodes dépressifs. Julien, dont la femme est une ancienne « guide », le nom donné aux scoutes filles, est devenu plus méfiant à l’égard des hommes plus âgés. En 2020, la femme de Maxime lui a conseillé de voir un psy parce qu’il devenait de plus en plus irritable. . « Comme ça dure pendant des années, à chaque fois qu’il y a une échéance, il faut se replonger dedans », corrobore son frère. Les coûts financiers sont également exorbitants. Daniel, le premier à avoir porté plainte, estime avoir dépensé 50.000 euros pour sa défense. « Quand l’aggression a eu lieu, j’ai été piégé et j’ai l’impression que la machine judiciaire était un deuxième piège », dit-il, amer. « Je ne le souhaite à personne. »

Avant de se lancer dans cette bataille interminable, Daniel, élevé par deux profs « catholiques humanistes » ainsi que Julien et Maxime, fils de fonctionnaires attachés au service public, avaient une image « idéalisée » de la justice. Pour le premier, la plus grosse désillusion a été d’apprendre que Nicolas a été agressé trois ans après lui, . « J’étais atterré. Le but de ma plainte était justement de le protéger. »

« Parfois, je me demande si on n’est pas un peu cinglés de continuer à se battre », s’interroge Julien. Et son cadet de conclure :